Cascais, endless summer

 

Du Mardi 8 au Samedi 12 Octobre

Juste après les fantaisies météorologiques du Guincho, le calme est retrouvé face à la petite baie tranquille de Cascais. D’ici nous apercevons la réplique du pont de San Francisco qui fait face à Lisbonne, juste en amont sur le Tage. Plutôt que de remonter le fleuve au moteur pour rejoindre Lisbonne, nous choisissons d’y passer une première nuit au mouillage. De loin, quelques immeubles modernes se détachent de la ligne d’horizon. Nous espérons ne pas y trouver une station balnéaire dévisagée par les complexes hôteliers. Nous nous avançons. A mesure que le profondimètre diminue, notre enthousiasme grandit. Quelques jolies petites plages se nichent entre falaises rocheuses et belles demeures. La silhouette d’une citadelle se dessine derrière les rangées de mâts du port. Les vielles pierres ont encore la part belle à Cascais.

Dix mètres de fond, du sable, une jetée pour y amarrer notre annexe et le centre qui semble tout proche. C’est parfait. Nous jetons l’ancre face à la plage de Pescadores parmi d’autres voiliers et quelques bouées réservées aux bateaux de pêche. En fin d’après-midi, alors que nous bricolons sur le pont, nous assistons au retour de l’un d’eux. Sans même ralentir, il se fraie un chemin parmi les bateaux à l’ancre pour rejoindre la jetée. Une grosse vague et un banc de mouettes opportunistes l’accompagnent. En arrivant à notre niveau, les pêcheurs, souriants, adressent de grands signes d’encouragement à Hélène en train de poncer le teck du pont en maillot de bain. Arrivés sur la jetée, une dizaine d’hommes s’affère pour décharger la montagne de casiers relevés au large. Ils regagneront ensuite leur bouée pour y troquer leur navire contre une petite barque en bois leur servant d’annexe.  Cascais est un port de pêche historique, comme nous le rappelle les centaines de casiers soigneusement empilés et alignés sur les quais. Mais la ville semble être également devenue un pôle incontournable des sports nautiques au Portugal.

Nous connaissions déjà Cascais comme une étape classique de nombreuses courses au large. Sur le quai, une série de carènes noires à la ligne affutée et des containers remplis d’accastillage attirent notre attention. Une flotte de RC44, des voiliers de régate monotypie en carbone, est en train d’être dégréée. La semaine précédente, Cascais accueillait la finale mondiale du circuit RC44. Un peu plus loin, une affiche du championnat de surf Moche Rip Curl Pro annonce que la compétition se déroule à Cascais et Péniche du 09 au 20 Octobre. Voilà pour nous une excellente occasion d’aller voir à quoi ressemble le fameux « Supertubos », vague européenne réputée dans le monde entier. Malheureusement les épreuves des jours suivants seront annulées faute de conditions. Chômage technique pour les compétiteurs et sortie massive de stand-up paddle dans la baie.

Ciel bleu et mer d’huile les deux jours qui suivent. Ici Octobre sent l’été. Les plages sont encore largement fréquentées sans être surpeuplées. Le soleil réchauffe mais ne brûle pas, la brise est parfois légère. Quelques effluves de crème solaire se mêlent à celles iodées du marnage. L’atmosphère est agréable et détendue. Le centre de la ville suggère toutefois un flux touristique plus dense en pleine saison. D’innombrables pubs et restaurants d’enchaînent. Cuisines portugaise, indienne, thaï, italienne, jap, rabatteurs et menus en cinq langues. Sur la place centrale, les restaurants se différencient davantage par la couleur de leur façade que par leur carte. Ils n’en restent pas moins bons et le service agréable. Mais certains endroits se détachent de cette ambiance. C’est le cas de « House of Wonder ». Nous avons été séduits par cette maison sur trois niveaux, tenue par une hollandaise très sympathique, adepte de la cuisine bio et gourmande. Une galerie au rez-de-chaussée, cinq tables, des bouquins et une cuisine ouverte un peu comme à la maison au premier étage, et un toit terrasse confortablement aménagé, surplombant la ville. Pas de carte sur dix pages ni de fraises en hiver ici. La maîtresse de maison vous régale suivant son inspiration, vos envies et le panier du marché.

Samedi, nous choisissons de nous rendre à Lisbonne en train. Une ligne directe relie les deux villes en trente minutes. Chat Mallow nous attendra à la Marina de Cascais, dont l’accueil et l’organisation irréprochables méritent d’être soulignées. Un plan de la ville, un adaptateur pour l’électricité et une bouteille de vin soigneusement emballée en cadeau de bienvenue. Du jamais vu.

Bientôt, quelques images de Lisbonne!