El Hierro : La plongée comme on l’aime

Jeudi 19 décembre

Cueva del diablo – Punta de las cañas

Avec sa réserve marine, l’île de El Hierro est un petit paradis pour la plongée. Pas moins de huit centres de plongée animent le petit village de la Restingua. Tous de petite taille. Pas « d’usine à plonger » ici. Chacun s’accorde pour travailler au mieux en respectant les réglementations contraignantes de la réserve (nombre de plongeurs par bouée, nombre de plongées total annuel, etc.). En ce moment, l’eau est à vingt-et-un degrés. La semaine qui précède Noël est très calme et les spots de plongée quasi déserts. Fred va passer son PADI Open Water et Hélène son Advanced. Seuls dans nos centres de plongée respectifs (Hierro Aventura et Arrecifal), nous bénéficierons donc de cours particuliers avec nos instructeurs Fredy et Carlos!

Après avoir un peu potassé les cours du PADI en déjeunant, Fred poursuit la théorie tout l’après-midi et Hélène rejoint Carlos pour deux plongées dans la réserve. Au programme : « La cuva del diablo », puis « Punta de las cañas ».

A deux sur le bolide du club (200 cv), il suffira de quelques minutes pour rejoindre la réserve marine, abritée à l’ouest de la pointe de la Restingua, dans la bien nommée Mar de las Calmas.  Un peu comme l’équilibre sur le vélo, la maîtrise de la flottabilité est rapidement retrouvée. Le bonheur et la sérénité de l’immersion sont intacts. Les retrouvailles tant attendues avec le monde sous-marin sont à la hauteur. Mérous, poissons trompette, raies, crabes araignée, anémones, murènes, poissons pigmé lime, et bien d’autres. Nous rejoignons le bateau au coucher du soleil. Retour by night au club pour rincer le matos en vitesse.

Ce soir nous passons la soirée chez nos voisins de Dune : Julie, Olivier et la petite Lou. Il nous tarde de découvrir ce superbe bateau dont le nom invite au voyage et de partager avec son équipage plus qu’une rapide discussion de ponton.

Vendredi 20 décembre

El Bajón – El Rincón

8h00, le réveil sonne. Hélène repart pour deux plongées avec Carlos. Première mise à l’eau sur le sculptural spot de « El Bajón ». Sur des fonds profonds d’une centaine de mètres se dresse une sorte de montagne volcanique. A son sommet, deux pics culminant à -8 mètres se dressent de part et d’autre d’un cratère (-20 m). « El Bajón » se situe à la pointe sud de l’île. Les courants y sont assez forts et les espèces pélagiques nombreuses et de grande taille. Pour rejoindre le fond, il faudra se cramponner à la ligne de mouillage depuis la bouée jusqu’à son point d’ancrage. Au fond, certains passages à contre-courant se feront en agrippant le récif, en prenant garde à ne rien abîmer. Le soleil illumine les longs corps argentés des barracudas immobiles, à l’affût. Dans une faille, une murène et des dizaines de jeunes poissons scorpions se protègent mutuellement. Dans son minuscule trou, un bébé poulpe laisse dépasser négligemment une tentacule. Le mérou, un habitué du coin, apprécie la compagnie et reste dans le sillage de nos palmes. Les bancs de sars impérial avec leurs jolies rayures verticales sont d’un esthétisme. Exotiques, les poissons lime ne ressemblent à aucun autre.

Puis « El Rincón », juste devant le port. La descente à peine entamée, un ange de mer  – un requin plat avec une silhouette découpée très caractéristique – passe sous le bateau. Nous le rejoignons rapidement pour le suivre quelques instants. Comme partout ici, les poissons trompette sont nombreux. Lorsqu’ils chassent, ils laissent des rayures apparaître sur leur corps. Mais dès qu’ils se sentent observés, celles-ci disparaissent aussitôt. Au fond d’une faille, d’immenses antennes trahissent la présence d’une grosse langouste. Quelques exercices de « navigation » pour le PADI. Évaluer la distance parcourue en comptant ses cycles de coups de palmes, s’orienter avec une boussole, décrire un parcours rectangle et se retrouver au point initial, se repérer, etc.

Fred fait de son côté quelques exercices près de la plage de la Restingua avec Fredy, et enchaîne l’après-midi sur sa théorie quotidienne.

Le vent souffle très fort ce soir. Des rafales à quarante nœuds font gîter le bateau – pourtant solidement amarré – avec insistance. Les huit pare-battages qui nous protègent du catway ne sont pas de trop.

Samedi 21 décembre

El Desierto

Ça souffle toujours fort. Fred plonge le matin dans la zone du port et observe un gros poisson coffre et un poulpe violet rodant sous les coques de nos bateaux. Le port ne ressemble en rien à une grande marina aux eaux sales et polluées. Imaginez plutôt deux pontons flottant sur une eau incroyablement limpide. Le port fait d’ailleurs partie intégrante de la réserve marine.  

Nous plongeons ensuite ensemble sur le spot del Desierto. Un mélange entre les rochers de la réserve et la faune associée, et une grande étendue de sable accueillant le plus grand champ d’anguilles de jardin d’Europe. Ces dernières, dressées verticalement et alignées comme des pions sur des centaines de mètres, se rétractent dans leur trou à notre passage. Sur cette immense étendue de sable, les raies s’en donnent à cœur joie. Nous en croisons quatre. Tranquillement posé sur le fond, à peine recouvert de sable, un requin ange. Un peu plus grand que celui de la veille. Il nous a évidement vu, mais il ne bouge pas. Il se moque complètement de notre présence. Nous ne représentons pour lui ni des proies, ni des prédateurs.

Dans l’après-midi, nous bouclons théorie et examen du PADI. Il est alors tant de se mettre en cuisine. Nous passons une bonne soirée sur Chat Mallow avec Julie, Olivier, Lou, Charlène et William. Voilà une longue et bonne journée, productive et variée !

Dimanche 22 Décembre

Sur Chat Mallow aussi, le dimanche c’est journée ménage. Le soir nous retrouvons Fredy et Carlos pour finaliser nos certifications PADI. Correction des quiz, quelques formulaires à remplir, une photo, un tampon et c’est réglé. Nous poursuivons la soirée tous les quatre au bar de Las Calmas. Ce soir, Madrid rencontre Valencia. Un bon prétexte pour discuter autour de quelques bières.