Guadeloupe, Basse-Terre et pause technique

 

Mardi 4 Mars

Guadeloupe – Basse Terre, côte Nord

Dans les Caraïbes, les îles sont divisées en deux catégories: les îles « au vent », c’est à dire celles qui sont balayées en premier par les Alizées venant de l’Est, et les îles « sous le vent », plus à l’ouest. Les îles au vent étaient désignées comme les terres « d’en haut » alors que celles sous le vent étaient désignées comme les terres « d’en bas ». Si la Terre-de-Haut de la Guadeloupe est devenue « Grande-Terre », l’appellation Basse-Terre a été conservée. Si Grande-Terre concentre les stations balnéaires aux plages de sable fin sur sa côte sud, Basse-Terre, luxuriante et vallonnée, a l’exclusivité des reliefs volcaniques, auxquels s’ajoute le charme des plages confidentielles et des petits ports de pêche.

Sainte-Rose semble être le royaume des pélicans. Autrefois abondants mais décimés par la chasse, ils ne font plus que de rares apparitions en Martinique et se raréfient en Guadeloupe. Entre la magnifique plage des Amandiers et le petit port, les « grands gosiers » surveillent les faits et gestes des pêcheurs en vue du prochain repas. Depuis les hauteurs, Grande Anse et son immense plage apparaissent entre les feuillages. La photo a des allures de carte postale. Sur la route en zig-zag, la 107 de loc peine à gravir les mornes. Après une série de virages, nous voici à la plage de Malendure. Nous sommes unanimement séduits par l’endroit, et notre pause déjeuner au restaurant « Les Rochers de Malendure » y est certainement pour quelque chose. Le cadre est hors du commun : des terrasses à flanc de falaises, intégrées parmi les arbres, font face aux îlets Pigeon. Les plats sont excellents et la présentation soignée. La Réserve Marine Cousteau s’étend autour des îlets Pigeon. Un paradis pour les plongeurs. Nous nous promettons d’y faire escale la semaine suivante, avec Chat Mallow.

 

Mercredi 5 mars

Guadeloupe – Basse Terre, côte Sud 

Dernière journée avec Jean-François avant son retour en métropole. En route pour le sud de la Basse-Terre. La Route Nationale 1 passe au milieu des bananeraies dont les régimes sont enfermés dans des sacs poubelles (?!). Cette bizarrerie permet en fait d’accélérer la maturation des fruits. Journée itinérante : pique-nique face à la plage à Capesterre, café au port de Trois-Rivières, et promenade jusqu’au phare de la pointe du Vieux Fort. Malheureusement, les portes du parc Archéologique des Roches Gravées resteront fermées devant nous, tout comme celles du Fort Delgrès à Basse-Terre. Car aujourd’hui, on enterre VaVal à Gwada (comprenez que c’est la fin du carnaval en Guadeloupe). Et en ce jour de deuil des festivités, et bien personne ne travaille.

 

Jeudi 6 mars

Pause technique volume 1

Six mois après le départ, c’est le moment de faire une pause maintenance et shopping technique. Accastillage, avitaillement, gaz et compagnie. Une bonne chose de faite. Heureusement, les journées bricolage à la marina s’accompagnent toujours de moments de convivialité et de sympathiques rencontres.

Niveau voisinage, que du bon sur cette escale : A côté de nous, Pierre et Isabelle sur leur First 41 sont vraiment sympathiques. Nous frottons nos cale-pieds en bois de concert et bavardons à la moindre pause. Ils s’apprêtent à rentrer à Montpellier après quatre années de navigation dans les Antilles. En fin de journée, Fred et Camille d’Apache viennent à notre rencontre. Leur Pogo 8.50 est amarré un peu plus loin. La première fois que nous nous sommes vus, nous pataugions en combinaison sèche dans le port de la Trinité-sur-Mer pour un stage de survie. Dans l’après-midi, un nouveau cata, Pampero, s’est amarré en face de nous. Le skipper et propriétaire n’est autre que Bertrand de Broc ! Fred d’Apache engage la conversation. Deux minutes plus tard, nous sommes à bord de Pampero pour une petite visite. Ce catamaran de course a le confort d’un bateau de croisière. Il sert de « mother boat » lors des courses sur l’IMOCA, qui peut mieux faire niveau confort. Pour info, ce cata et l’IMOCA peuvent être loués avec leur équipage (http://bdbsailing.com). Ils viennent de courir les « 600 milles d’Antigua » et seront également de la partie pour la régate « les Voiles de Saint Barth ».

Nous passons une bonne soirée de détente à bord d’Apache, à échanger sur nos aventures respectives et nos projets autour d’un apéro métissé : Ti punch au rhum Bielle de Marie Galante, saucisson sec et jambon de pays de métropole.

 

Du vendredi 7 au mardi 11 mars

Pause technique volume 2

Les journées se suivent et se ressemblent. Réveil matinal, lessives, entretien du bateau sous un soleil de plomb entrecoupé de quelques bavardages, tour des shipchandlers pour trouver LA pièce manquante, pour finir par une session internet gourmande au glacier du lagon. Les belles rencontres continuent. La famille « Ja » : Eurielle, Antoine et leurs trois petits mousses plein de vie Elian, Malo, Pacôme. Aussi loin qu’il s’en souvienne, Antoine a toujours rêvé de vivre en voilier. Ce rêve est devenu une aventure familiale. Cette joyeuse petite troupe fait tranquillement route vers le Pacifique, confortablement installée sur Cataja, leur Baia 46. Encore une rencontre qui nous montre que les enfants de bateau ont l’air d’être les plus heureux du monde.

Après une petite semaine dédiée à l’entretien des moteurs, des inox, des bois, etc., Chat Mallow est nickel, prêt à repartir pour de nouvelles aventures. Nouveau passage aux Saintes, remontée par l’ouest de la Guadeloupe et plongées dans la réserve Cousteau, puis escale à Antigua et Barbuda avant de rejoindre les copains de Pastaga (rencontrés à La Palma, Canaries) à Saint-Barth. Nous poursuivrons ensuite notre route vers Cuba.