La Palma, Canaries : Tazacorte et Los Llanos

Vendredi 8 Novembre

Arrivée de nuit

Après quelques heures de navigation agitées au nord de La Palma – la plus nord-ouest des sept principales îles des Canaries – nous mettons le cap en début de soirée sur Tazacorte. La nuit est déjà tombée, les lumières de la marina grandissent dans l’étrave de Chat Mallow à mesure que nous approchons. Nous sommes accueillis par une multitude de barques de pêcheurs. Celles-ci projettent sur l’eau de puissants halogènes, ne laissant que peu de chances à leurs proies. Difficile de se frayer un chemin et de trouver l’entrée du port parmi cette débauche de lumière. Nous visons la bouée de chenal bâbord, mal positionnée sur notre carte, puis dépassons une imposante masse sombre, également non répertoriée par notre GPS. Devant tant d’imprécisions, nous décidons de ne pas tenter une entrée au port de nuit et préférons rester au mouillage en attendant le lendemain.

Samedi 9 Novembre

Chaleureux accueil à la marina

Au petit matin, nous découvrons le paysage qui nous entoure. Chat Mallow est au mouillage dans une petite baie dont le rivage est surplombé par d’imposantes falaises. Dans les hauteurs, nous apercevons des plantations de bananes à perte de vue, que seules les falaises semblent pouvoir interrompre. Les bananes des Canaries sont largement exportées et c’est principalement sur l’île de La Palma qu’elles sont cultivées. En direction du large, une longue digue dont le prolongement est en travaux. C’est donc cette récente extension qui n’était pas mentionnée sur nos cartes. Nous apprendrons plus tard que celle-ci a pour vocation d’accueillir les nombreux ferries qui assurent les liaisons entre les îles des Canaries.

Nous levons l’ancre, et nous nous engageons dans les chicanes protégeant l’entrée du port de affres du large. Un accostage de nuit aurait effectivement été sportif ! À peine amarrés au ponton n°2, nous sommes accueillis à bras ouverts par l’équipage français de Pastaga. Sylvie, Fabrice et leur fille Lolie nous font le tour du propriétaire. Une fête aux influences allemandes et canariennes a lieu le soir même dans la marina. Le ton est donné. 

Du dimanche 10 au dimanche 24 novembre

Vie quotidienne entre Tazacorte et Los Llanos de Aridane

Le parc national et les crêtes de la Caldera de Taburiente, l’observatoire astronomique de los Andenes, la route des volcans, etc. Les randonnées à faire sur la superbe île de la Palma sont nombreuses. Mais nous devrons dans un premier temps mettre nos envies de découverte de côté. La marina de Tazacorte est peut-être l’un des derniers endroits sur notre route pour travailler confortablement sur le bateau, avec l’eau et l’électricité au ponton. Nous profitons donc des équipements et des précieux conseils de Fabrice pour effectuer quelques travaux dans la baille à mouillage. L’intervention se fera en plusieurs étapes. Entre les matériaux à faire venir d’une autre île, les temps de séchage, etc. Nous savons que nous serons immobilisés plus d’une semaine.

Même si nous devons momentanément renoncer à nos envies de randonnées, l’environnement rend indéniablement le travail plus agréable. Lorsque nous rangeons les outils en fin d’après-midi, c’est pour nous rendre sur la plage de sable noir del Puerto prendre un bain rafraîchissant. Le hameau del Puerto apparaît tel une tâche de couleur au milieu du noir minéral. Les falaises et le sable volcanique forment une toile de fond sombre, animée par les coloris vifs des façades et le mouvement des palmes dans le vent. Puis monter au village de Tazacorte, s’installer sur une terrasse surplombant les bananeraies, et prendre un verre devant le soleil qui se couche sur l’océan. Les achats pour les travaux sont de parfaits prétextes pour découvrir les alentours. Courir d’une « ferreteria » à l’autre le matin, et flâner l’après-midi dans la jolie ville de Los Llanos de Aridane par exemple.

Et puis il y a les bons moments avec nos voisins. Car depuis notre arrivée, nous avons trouvé au port de Tazacorte une vie de voisinage conviviale. Les conversations de ponton pour partager les bons plans du jour, une anecdote ou de grandes histoires, se terminent souvent en apéros improvisés. Les initiatives de barbecue sur la plage favorisent les rencontres avec les bateaux plus éloignés. Ainsi, sur le ponton n°2 se côtoient français, anglais, hollandais, américains, allemands. Tant d’histoires, de personnalités, d’âges et de projets différents, qu’il aurait été inimaginable de rassembler dans un autre contexte que celui du voyage en voilier.