Madère : SOS chaton – ER101 « Antigua » de Porto-Moniz à São Vincente

Samedi 2 Novembre

Aujourd’hui, nous souhaitons profiter du beau temps pour rejoindre Sao Vincente à pieds, en empruntant la vielle route côtière, taillée à flanc de falaise. Après quelques kilomètres, nos yeux tombent sur un chaton inanimé dans le fossé. Nous le pensons d’abord mort à cause des mouches qui lui tournent autour… Alors qu’Hélène ose à peine regarder, Fred remarque qu’il respire encore. Hors de question de l’ignorer. Le petit survivant se jette sur l’eau que nous lui présentons, mais semble avoir des difficultés à boire. Il respire très bruyamment. Nous l’installons aussi confortablement que possible dans un sweat-shirt et rebroussons chemin. Nous n’avons pas vraiment de plan. Pas question d’embarquer un chat à bord, mais pas question non plus de le laisser là…

Nous arpentons Porto Moniz à la recherche de quelque chose, sans trop savoir quoi. Un vétérinaire, une bonne idée… Nous allons dans les bars, discutons avec les personnes que nous croisons. Peut-être connaissent-ils ce chat ? Leurs propos sur le nombre de chats errants ne sont pas vraiment encourageants. Nous continuons à sillonner les rues. Soudain, une dame nous interpelle depuis un restaurant. Elle semble reconnaître « el gato ». Elle part en courant et revient avec un autre homme. En voyant le chat, il sourit et s’adresse à lui sur un ton familier et affectueux. Il s’agit du frère de Guido, le propriétaire de « Patches », le chaton. Quelle chance! La petite bête avait disparu trois jours plus tôt. Le soulagement est immense, des deux cotés.

Guido nous donnera des nouvelles de Patches par e-mail le lendemain, après être allé chez le vétérinaire. Une fracture de la mâchoire empêchait Patches de s’alimenter et ses voies respiratoires étaient obstruées par du sang séché. Après une petite intervention, elle devrait d’en sortir sans problème.

Dimanche 3 Novembre

Porto-Moniz est reliée à Sao Vincente par une route historique, en corniche, la « ER101″. Sa construction, véritable prouesse technique, dura plus de quinze ans. Le coût du projet lui vaudra d’ailleurs le surnom de « route d’or ». Sinueuse et taillée à flanc de falaise, elle est particulièrement exposée aux éléments. Enjambée par plusieurs cascades, recouverte par les vagues les jours de gros temps, elle est particulièrement sujette aux éboulements.

Aujourd’hui, plusieurs portions de cette route historique ont été délaissées au profit de déviations vers des tunnels modernes, plus sûrs et plus rapides pour les automobilistes. Mais le spectacle qu’offre l’ER101 Antigua sur la côte et le large nous pousse à nous y aventurer à pied. Nous ne le regretterons pas. Certains tronçons sont toujours accessibles, mais de moins en moins praticables, faute d’entretien. D’autres en revanche sont fermés, parfois par une simple petite chaîne facile à contourner, parfois par un gros mur de parpaings. C’est le cas dans le secteur de la fameuse cascade du « voile de la mariée », la partie inférieure de la falaise supportant la corniche étant complètement effondrée. Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’emprunter le minuscule trottoir dans le tunnel routier sur plus de deux kilomètres…Une expérience nouvelle !