De Madère à La Palma

Jeudi 7 novembre

Entre le bleu de l’eau et celui du ciel, la vie au large reprend. Écriture, manucure, lecture. Journée de calme. Le vent devrait rentrer la nuit tombée.

Alors que nous avançons (très) tranquillement, le bateau semble soudain ralentir. Le bruit de l’écoulement sous la coque a changé. La houle est constante, le vent aussi. Pas de doute, il se passe quelque chose là-dessous. Nous arrêtons le bateau. Rien. Pas un bruit. Tout doucement, marche arrière. Le temps de se déplacer à l’avant du pont et de découvrir un beau et grand filet de pêche qui remonte à la surface!!  Six mètres de long et deux de large et quelques lestes encore en place. Ironie du sort. Nous guettions les baleines et c’est un filet qui est venu à notre rencontre. Celui-ci s’est certainement tendu entre nos deux quilles (situées de chaque côté de la coque). Une chance.

 Nous passons la nuit sous voile d’avant seule, tangonnée. Le vent n’est toujours pas assez fort pour porter la grand voile, les houles d’arrière la feraient battre.

Vendredi 8 Novembre

Au lever du jour, enfin un peu de vent. Dix à quinze nœuds arrière, et une petite pluie. Nous envoyons la grand voile. Le vent s’établit progressivement à vingt nœuds dans la journée, puis s’affole aux abords de l’île de la Palma. Aux Canaries, des effets de site bien connus font grimper l’anémomètre de dix à quinze nœuds à l’approche des côtes. Nous n’y échappons pas. Le vent monte soudainement à trente-cinq nœuds, avec de violentes rafales à quarante nœuds. De quoi prendre un ris, puis deux, puis trois… Des dizaines de dauphins viennent nous distraire pendant les manœuvres de prise de ris. Ils nous accompagnent un long moment. Des bébés se propulsent très haut en l’air, comme catapultés depuis la surface. Puis se laissent retomber maladroitement dans l’eau, sans aucun contrôle. Le calme est retrouvé après avoir passé la pointe NO. Le vent tombe aussi soudainement qu’il est monté. Nous arrivons de nuit au port de Tazacorte, à la lumière des spots des pêcheurs.