Madère : Porto-Moniz – Levada de Ribera da Janela, Fonte do Ruisco

Jeudi 31 Octobre

Nos sacs étaient restés sur une banquette depuis nos dernières randos. Ils vont pouvoir reprendre du service. Porto Moniz est une petite station balnéaire au nord-ouest de l’île, réputée pour ses piscines naturelles sur la mer. La roche volcanique y forme des bassins que les vagues se chargent de remplir en déferlant. Nous souhaitons randonner le long de la « Ribera de Janela » et éventuellement rejoindre le plateau de Paul da Serra. Et pourquoi pas longer la côte Nord de Porto-Moniz à Sao Vincente. Mais le village est diamétralement opposé à Machico. Les commerçants nous regardent avec de grands yeux interloqués lorsque nous leur demandons conseils sur la façon de s’y rendre sans voiture. Deux bus et trois heures plus tard, la nuit est tombée, mais nous y sommes. Une nouvelle fois, nous posons nos sacs dans l’auberge de jeunesse de la ville. Une ravissante maison jaune, perchée derrière l’église, avec une vue surprenante sur les toits et l’océan.

 Vendredi 1er Novembre

La levada de Ribera de Janela est comme beaucoup de levada, accessible à tous. Pas de dénivelé, un sentier bien tracé. Celle-ci présente toutefois une particularité. Un tunnel un peu plus long que les autres. Et un peu plus humide aussi. En s’engageant dans ce passage souterrain pas plus large que deux hommes et long de plus de deux kilomètres, nous ne nous attendions pas à nous faire rincer à ce point. Des infiltrations s’écoulent régulièrement du « plafond », jaillissant parfois des côtés. Le passage est inondé. Numéro d’équilibriste sur le muret séparant la levada du chemin et douche obligatoire! Vu le débit de ces infiltrations, nous nous estimons heureux qu’il n’est pas plu depuis plusieurs jours.

Au bout de levada, nous enchaînons sur l’ascension vers Fonte do Ruisco à travers la forêt, à flanc de montagne. Tapis de feuilles mortes et tons rouges orangés. L’automne est bien là. La forêt est dense et bruyante. Le bois grince sous le vent. De gigantesques arbres aux racines difformes semblent tout droit sortit d’un conte. Nous prenons rapidement de l’altitude. Après 2h30 de grimpette, changement d’ambiance radical. Verticalité, arbres centenaires, lianes et autre tapis de fougères sont à présent derrière nous, ou plutôt « sous » nous. Nous avons rejoint le plateau de Fonte do Ruisco à 1250m d’altitude. Un autre monde, qui nous évoque des paysages écossais. Une vaste étendue d’herbe, parsemée de quelques buissons rasant le sol. D’épaisses nappes de brouillard nous empêchent d’évaluer l’étendue du plateau. C’est fantastique, tant d’univers différents sur une si petite île !

Trente kilomètres de route nous séparent à présent de Porto-Moniz. Deux chasseurs nous font gentiment une place à l’arrière de leur 4X4 aux cotés de deux braques allemands (en cage). Après une telle expédition, nous savourerons quelques « espetadas », des brochettes de bœuf sur une branche de laurier, faces à la mer.