Madère : Chat Mallow au repos à Machico

 Mardi 22 Octobre

Direction Madère. À peine le temps de ranger amarres et pare-battages qu’un bon vingt-cinq nœuds nous accueille à la sortie de la baie. Et toujours la houle. Les rayons de soleil rendent la navigation très agréable. Nous restons sur le pont pour affiner le réglage des voiles et tirer le meilleur du vent favorable. Six heures plus tard, nous passons l’étroite pointe sauvage et escarpée de São Laurenco avec les dernières lueurs du soleil. L’anse de Abra, abritée du vent de NO, nous accueillera pour la nuit.

Mercredi 23 Octobre

Au petit matin, nous découvrons les strates et le rouge de la roche volcanique. Alors que nous pensions être seuls pour le petit déjeuner, nous apercevons quelques marcheurs sur le haut de la falaise venus admirer la vue et le paysage sauvage et déchiqueté. Le petit voilier vert les intrigue. Séance photo pour Chat Mallow.

Soudain, le vent monte et interrompt le shooting. Nous levons rapidement l’ancre pour rejoindre la baie de Machico, sur les traces des deux amants qui ont découvert l’île au hasard d’un naufrage, cinq siècles plus tôt. Trente nœuds apparents. En deux bords et un peu plus d’une heure, nous voici à Machico. Quelques pannes sont protégées par une jetée. Les bateaux sont à couple quatre à quatre. Nous mettons l’ancre à l’opposé de la baie, bien protégés des vents de SO à NE. Deux avancées en béton sont repérées. Notre annexe reprend du service le soir même. Un petit tour dans Machico et nous nous installons au Mercadhi Velho pour dîner, entre le vieux fort et l’église. Impossible d’ignorer le charme de la vieille fontaine de pierre dans la cours de l’ancien marché de la ville. 

Jeudi 24 Octobre

C’est incroyable la capacité qu’ont les reliefs de cette île à retenir les nuages. Et devant tant d’attachement, les nuages ne manquent pas de faire don de toute leur eau. Mais c’est bien à ces sommets que Madère doit sa végétation luxuriante. Un grand écart climatique avec Porto Santo, la petite voisine, asséchée par le soleil.

Nous avons largement de quoi nous occuper à bord et le temps pluvieux ne nous incite pas à explorer l’île plus loin que Machico aujourd’hui. Des ruelles pavées, une plage de sable clair importé du Maroc, une église avec un portail gothique en pierre de lave, un ancien fort tout jaune. Et puis, les spécialités culinaires pour le goûter : bolo deĺ mel (gâteau aux épices, mélasse et fruits secs), et mousse de maracuja (fruit de la passion). Autour du centre historique, de part et d’autre de la vallée, les maisons colorées des quartiers résidentiels s’agrippent au relief.

Nous sommes ravis de notre point de chute. La ville est suffisamment importante pour que nous y trouvions tout ce dont nous avons besoin et bien desservie par les bus. Le centre est charmant et la périphérie n’est pas trop étendue.